MONALISA : rompre l’isolement des âgés

Jean-François Serres est délégué général de l’association caritative Les petits frères des Pauvres et référent national du projet MONALISA. Il fait le point sur le réseau de 75 associations qui se mobilise pour former des équipes citoyennes autour des vieilles et des vieux isolés. Le projet avance. Interview.

Pourquoi était-il nécessaire de mettre en place le réseau de mobilisation pour la lutte contre l’isolement des personnes âgées ?

Jean-François Serres : Tout est parti de la canicule de 2003 qui a fait l’effet d’un véritable électrochoc dans l’opinion publique, chez les associations et les collectivités territoriales. On s’est rendu compte qu’un nombre très important de personnes étaient totalement invisibles du fait de leur isolement social. Plusieurs associations se sont alors regroupées et ont créé un collectif interassociatif dont le but est de « combattre la solitude des personnes âgées ». Au fil des années, la conscience du problème a grandi. Nous avons alors expliqué qu’il y avait un enjeu très important et une vraie urgence à trouver comment recréer une solidarité de voisinage et de proximité. 
Quand Michèle Delaunay est arrivée au ministère, elle a entendu cette urgence qui a été relayée également par des caisses de retraite et des mairies. De là est né le rapport que je lui ai remis en juillet 2013 qui affirmait la nécessité de promouvoir la constitution d’équipes citoyennes, à partir de repères collectifs et de bonnes pratiques, que nous avons définis dans la charte MONALISA. Par cette initiative, nous avons pu faciliter la reconnaissance de ces équipes, qui existaient déjà dans d’autres associations et favoriser leur rencontre au niveau départemental pour qu’elles agissent de manière plus collective et coopérative. Ce collectif leur permet également de viser des soutiens financiers pour des projets labellisés, de définir les besoins prioritaires et de mutualiser le déploiement des actions.

Quels sont les objectifs concrets du réseau ?

Jean-François Serres : La reconnaissance par un label MONALISA permet de favoriser des aides plus nombreuses et mieux organisées pour les personnes isolées. Cela permet également de lutter contre l’isolement des équipes de lutte contre l’isolement ! Par exemple, il y avait déjà dans des zones rurales des équipes constituées par la mutuelle agricole pour des anciens agriculteurs qui se retrouvent seuls. Elles ont exprimé le souhait de pouvoir se mettre en réseau avec d’autres et de participer à un processus plus large.
La finalité de MONALISA est donc de mailler le territoire d’équipes de bénévoles qui vont élaborer des projets d’actions concrètes : visite chez les personnes isolées, création de lieux d’activité pour que les personnes puissent se rencontrer ou encore création de jardins partagés, etc.

Cela participe-t-il d’une société plus « Care » ?

Jean-François Serres : Oui, d’ailleurs nous avons un mot pour « Care » : c’est la fraternité au sens républicain du terme. Une société où l’essentiel pour chacun d’entre nous est de pouvoir compter sur quelqu’un. C’est bien le but de la mobilisation : redonner une impulsion à l’engagement citoyen.

Propos recueillis par Sandrine GOLDSCHMIDT

Tags : Réinventons le lien social

Commentaires :

5 commentaires

weiss Anne Marie said:

Bonjour , j ai entendu parler de vous au journal télévisé et j’ai vu que sur la carte de France il n y avait pas grand chose dans notre région Rhône Alpes et je voulais vous dire que dans notre village du Trièves à 60 kms de Grenoble qui compte environ 450 habitants nous avons depuis 4 ans un groupe qui se réunit régulièrement 1 fois par semaine pour rompre la solitude justement . Nous faisons pas mal d’activités manuelles , des ateliers d’écriture, des sorties , de la cuisine , des jeux etc…..En même temps la mairie nous prête une salle et nous faisons partie d’un Collectif d’Entraide qui vient en aide à des personnes démunies avec deux épiceries solidaires et deux boutiques de vêtements (tri de linge) dans deux autres villages. voilà je voulais témoigner de ce que nous vivons dans nos villages merci pour tout ce que vous faites et tissons tissons des liens Anne Marie

GABY said:

mais qui va nous lire????? je vais avoir 70 ans, seule dans un villageoù la mairie laisse CREVER SES VIEUX SEULS, eh oui, ils ne savent pas que cela va leur arriver, et ça arrive vite !!!!

seule à écouter le silence, l’abandon, le rejet quand on est malades en plus, seules les jours, les nuits, les fêtes, mais tout le MONDE S EN FOUT et plus il va y avoir de VIEUX plus ce sera pire, vivement que je meure, juste un bisou à mes petits enfants et je pars, cette société me dégoûte

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