Xavier Desport est le fondateur d’Alvic Consulting, qui participe à l’Accélérateur de Croissance, projet mis en place par l’association « Parrainer La Croissance ». Objectif de ce projet : mettre des seniors de grands groupes à disposition des start-up et favoriser ainsi le relais entre les générations et accélérer la croissance de ces jeunes pousses. Pour lui, l’intergénérationnel, c’est l’avenir, à la fois pour le développement des start-up et pour permettre aux jeunes seniors de bien vieillir et de continuer à se sentir utiles. Il aura à cœur de placer la transmission entre générations au cœur des débats des ateliers de notre JAM.


Génération Care :
Qu’est-ce qui vous a donné envie d’accepter l’invitation de Génération Care ?

Xavier Desport : Ce qui m’a motivé, c’est que cet événement participe à changer le regard sur l’intergénérationnel. On voit ces dernières années, avec les réformes des retraites, qu’on a tendance à opposer les générations et à faire croire aux jeunes que les anciens leur prennent une part de gâteau, en tout cas une part de travail ou d’activité. Or, le travail c’est comme la richesse, ça ne se divise pas, ça se multiplie. Donc plus on aura de gens en activité, qui travaillent ensemble, plus on aura d’efficacité.
Les seniors d’aujourd’hui ont soif de transmettre et cette transmission est une courroie d’accélération.

Etre à l’écoute des baby-boomers c’est pour une fois, alors que tous les plans politiques se tournent vers les jeunes générations, écouter les 55-65 ans. C’est une génération qui a bénéficié de beaucoup d’avantages en termes de santé et d’allongement de durée de vie. Mais moins de 50 % de cette génération a un contrat de travail aujourd’hui. Il y a 40 % de CDD et CDI. Que font les autres, comment vivent-ils ? Il y a un vrai drame. La priorité dans les DRH est de virer les anciens pour prendre des jeunes. On ne cherche pas suffisamment à capitaliser sur l’avantage et la multiplication de toutes les générations. Les baby-boomers ont d’énormes capacités, d’énormes projets et ont envie d’apporter leur expérience au développement économique.


G. C
. : Qu’attendez-vous de l’événement ?

X. D. : Ce que j’attends, c’est de participer au débat et à la discussion. Je participe au développement d’une activité qu’on appelle l’Accélérateur de Croissance. Parrainer La Croissance regroupe un peu plus de 3.000 entreprises qui se réunissent pour développer leurs activités en France et à l’étranger. L’objectif est de créer l’espace laboratoire qui réunit des seniors mis à disposition par des grands groupes pour des start-up et c’est ce que nous cherchons à promouvoir, dans le cadre de la gestion des fins de carrière (Nestlé a signé un accord qui favorise le temps partiel des seniors, Orange a mis en place un temps partiel senior…), car tous les seniors n’ont pas envie de partir à la pêche !

J’espère donc pouvoir sensibiliser les personnes présentes, les grandes entreprises, sur les bienfaits de ce qu’on appelle chez nous le « Re-Sourcing » qui est un moyen de favoriser le partage d’expérience, l’activité productive et effective et pas uniquement un mentorat occasionnel de partage de savoir-faire, de façon à ce que ces seniors puissent être réellement actifs dans la réussite de ces jeunes entreprises.


G. C.
: Que vous inspire notre mot d’ordre « dans un monde qui change, vieillir est un futur à inventer » ?

X. D. : Il faut le lire de manière littérale. Le futur est à inventer. La médecine permet de vieillir de plus en plus vieux et en meilleure forme qu’avant, et je pense qu’on a souvent cantonné les seniors ou les retraités dans un placard en les retirant de plus en plus jeunes de la circulation pour faire de la place. Aujourd’hui, vieillir en forme c’est un atout économique extrêmement fort. D’abord parce que le pouvoir d’achat de ces seniors a de la valeur : quand on voit que 50% n’ont pas de boulot, on perd un pouvoir d’achat extrêmement important. On a des populations très importantes en capacité physique et intellectuelle d’apporter leur savoir à la richesse française.
C’est ça qu’il faut inventer. Il faut multiplier ce brassage intergénérationnel qui doit au final apporter pour les plus jeunes le développement de projets, et pour les anciens un bienfait économique. C’est tout simple, il faut que le travail participe aussi de la santé intellectuelle.

 

Propos recueillis par Sandrine Goldschmidt

X. Desport : « Tous les seniors n’ont pas envie de partir à la pêche ! »