Le groupe Vivalib développe un référentiel de logement « favorable au vieillissement ». Il repose sur une conviction forte : l’avenir est à un habitat évolutif qui prend en compte la longévité.

Vivalib propose ses services aux collectivités, promoteurs et bailleurs sociaux, autour de deux principes fondamentaux : créer un habitat évolutif et prendre en compte tous les aspects du vieillissement, dans son écosystème. Pour cela, la société de Muriel Dunoyer (Présidente du directoire) a imaginé un habitat intermédiaire qui rompt avec le regroupement «entre soi » et promeut la mixité des âges. « Nous créons des solutions qui n’occupent pas la totalité d’un immeuble mais une quote-part d’appartements spécifiquement adaptés, autour de 20-25% des logements » explique-t-elle.


L’avancée en âge, un processus global

Ces appartements au cœur de la ville sont spécifiquement conçus pour accueillir des personnes à différents stades et besoins de leur vie de seniors. « Vieillir, ce n’est pas simplement perdre des capacités physiques, c’est aussi une diminution sensorielle, des atteintes cognitives, la prise en compte de l’intervention possible d’aidants ou encore une réduction progressive de l’espace autour de soi. L’habitat doit contribuer à redonner accès à ses cercles d’amis, à des services, à recréer du lien social. Il faut enfin penser au fait que le vieillissement peut s’accompagner de maladies chroniques, et imaginer une liaison avec des acteurs d’assistance jusqu’à la télémesure et la e-santé », détaille Muriel Dunoyer.

 

Au-delà de l’adaptation, l’évolutif
« Les architectes savent aujourd’hui concevoir un habitat dit « adapté » mais ils sont peu nombreux à penser  « évolutif » », constate-t-elle encore. Un appartement évolutif, c’est un logement qui rend possible l’installation d’équipements complémentaires le jour où cela devient nécessaire. Muriel Dunoyer explique que Vivalib retravaille avec les concepteurs la distribution des appartements pour qu’elle soit la plus souple possible, et tienne compte de ce qui pourrait advenir, sans que cela nécessite de changer l’empreinte générale de l’appartement.
Exemple d’un apport simple, mais efficace : prévoir les gaines de câbles permettant le cas échéant d’installer une porte motorisée ou une serrure déclenchables à distance. Un art de devancer les besoins sans stigmatiser.

 

Un habitat non stigmatisant
Vivalib souhaite aussi placer l’habitant au cœur des réflexions, afin qu’il puisse se projeter dans un appartement attractif. Dans cette optique, il est très important de porter de l’attention aux détails. Ainsi, Vivalib a aidé à la création d’une nouvelle gamme de résidences seniors en notant les détails susceptibles d’être améliorés dans une optique favorable au vieillissement ; on a décompté 138 détails. Exemple de détail « tout bête » mais qui peut avoir son importance : les douches adaptées.  Aujourd’hui, les fabricants conçoivent des douches à sol plat pour que l’habitant puisse y pénétrer facilement. Mais il pourrait s’avérer utile de prévoir un positionnement des robinets sur les côtés pour le jour où un aidant devrait accompagner une personne.

 

Une logique de nouvelles technologies supplétives et non substitutives
Vivalib intègre aussi les nouvelles technologies dans ses recommandations.
« Nous ne voulons pas de lieux dans lesquels on a l’impression d’être en permanence sous le regard de détecteurs. Bien sûr, ils peuvent devenir nécessaires pour aider dans certaines pathologies, mais ils ne sont pas forcément indispensables dès le départ. Nous avons une vision de la technologie qui est supplétive et pas substitutive », dit Muriel Dunoyer.
Déjà implantée aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne, où lui ont été commandées des expertises sur des lots de plusieurs milliers de logements, Vivalib commence à se faire connaître en France, où elle espère rapidement pouvoir déployer sa méthodologie.

 

Sandrine Goldschmidt

> Pour en savoir plus : Vivalib

Vivalib modélise l’habitat évolutif