C’était le thème de la conférence de Sciences Po Executive Education qui s’est déroulée le 4 juin : l’occasion de faire le point avec des spécialistes, enseignants et industriels, sur la « Silver Economie », en particulier les objets connectés, et la façon d’en faire à l’avenir un vrai marché, avec une demande structurée.

Pour cela, a souligné Dominique Boullier, sociologue, il faut bien penser le « couplage entre l’objet technique et l’humain ». Ainsi, il faut essayer de générer un espace de Care et d’attention, dans lequel l’objet technique peut prendre sa place. Il faut en outre mieux expliciter ce qu’on fait en connectant notre corps. Autant de préalables à l’émergence d’un marché qui nécessite des investissements importants en amont.

Lors de la table-ronde qui a suivi son intervention, des acteurs du secteur (Orange HealthCare, la Caisse des dépôts et Umanlife) ont à leur tour insisté sur les difficultés de bien adapter l’offre à la demande. Pour Thierry Zilberberg d’Orange Healthcare, il faut commencer par bien distinguer 3 secteurs du « marché des seniors » : ceux qui sont très actifs et n’ont pas de problèmes particuliers mais se caractérisent par le fait qu’ils ont un bon pouvoir d’achat (les « baby-boomers »), ceux qui sont un peu plus âgés, encore actifs, mais avec des premiers signes de perte d’autonomie. Enfin, ceux qui ont besoin de solutions spécifiques pour ralentir le lent « glissement » vers la dépendance.
Il pense également que la clé aujourd’hui n’est pas le besoin d’innovation, mais de bien comprendre les ressorts de la demande.

Pour Blandine Calcio de la Caisse des dépôts, qui sensibilise les collectivités locales et les agences régionales de santé à cette question, il s’agit aussi de réunir et informer les acteurs, et lutter contre l’émiettement qui caractérise la politique actuelle concernant la perte d’autonomie, par la création de guichets uniques.

Enfin, il a été beaucoup question de recentrer le regard de la Silver Economie sur la personne, en s’adaptant à ses besoins, en l’informant, mais aussi en la rassurant, notamment sur l’utilisation du « big data ». La personne connectée génère en effet de très nombreuses données, qui peuvent s’avérer précieuses pour aider à « bien vieillir, à condition qu’elles soient utilisées de façon sécurisée et transparente ».

Seniors : en forme et connectés ?