Les nouvelles technologies aident aujourd’hui les patients dans leur processus de guérison. Grâce à la robotique et à l’intelligence artificielle, la convalescence devient même ludique.

 

Troisième cause de mortalité aux États-Unis, l’accident vasculaire cérébral touche majoritairement les seniors : dans près de 75% des cas, il se produit après l’âge de 65 ans, et la probabilité d’en être frappé est multipliée par plus de deux à chaque décennie, passés 55 ans. Bien sûr, il n’est pas toujours mortel. Pourtant, s’il n’est pas suivi d’une rééducation assidue, l’accident vasculaire cérébral peut causer des lésions irréversibles. Il est ainsi la principale cause de handicap sérieux et à long terme aux États-Unis. Pour être efficace, la rééducation implique d’effectuer au quotidien des gestes répétitifs, afin de réanimer progressivement les zones endommagées. Un rituel lassant et peu stimulant qui décourage nombre de patients, d’autant que le personnel médical ne dispose pas d’effectifs suffisants pour assurer un suivi individuel. Mais avec l’essor des nouvelles technologies, de nombreuses solutions émergent, susceptibles de rendre la rééducation plus efficace et de permettre aux seniors de jouir plus longtemps de leurs pleines capacités physiques.


Guérir en s’amusant

robotique virtuelleAprès que deux de ses oncles ont souffert d’un accident vasculaire cérébral et n’ont pas récupéré pleinement l’usage de leurs mains à cause d’un processus de réhabilitation incomplet, Hoyoung Ban s’est penché sur les travaux de recherches de son ami Young Choi, étudiant à l’University of Southern California, convaincu du potentiel de la robotique pour la rééducation. En compagnie d’un compatriote coréen, ils ont lancé l’entreprise Neofect, qui combine robotique et réalité virtuelle. Les patients victimes d’un accident vasculaire cérébral utilisent un gant connecté pour participer à des mini-jeux, qui leur demandent d’accomplir des mouvements stimulant les zones endommagées suite à l’accident. Le système enregistre tous les entraînements du valétudinaire, afin que celui-ci et son médecin puissent constater les progrès effectués et adapter le programme de rééducation en fonction.

 

Comme un dauphin dans l’eau
Maja Mataric, chercheuse à l’USC Robotics and Autonomous System center, travaille de son côté à la conception de robots capables d’accompagner et motiver les patients lors de leurs exercices quotidiens. Ils montrent aux patients les gestes à effectuer, font les séances d’exercices en leur compagnie et interagissent avec eux pour les féliciter ou les inciter à poursuivre leurs efforts. « Ces robots offrent à la fois une source de motivation et une compagnie aux patients » a-t-elle expliqué lors de l’édition 2016 d’EmTech Digital. « Ils n’aident pas les patients physiquement, mais les motivent à effectuer leurs exercices quotidiens et à progresser par le biais d’interactions sociales. »
Les chercheurs de la John Hopkins University (Baltimore), travaillent quant à eux sur un logiciel de réalité virtuelle plongeant le patient… dans le corps d’un dauphin. « Lorsqu’il se trouve dans un corps étranger, qui répond différemment, le patient doit entièrement réapprendre à se mouvoir » a expliqué Omar Ahmad, directeur du projet, lors de l’édition 2016 de Collision. « On stimule ainsi les circuits de son cerveau responsables du mouvement, avec à la clef la possibilité de rétablir les connexions endommagées. » Ici, l’idée est moins de conserver la motivation du patient intacte lors de ses exercices quotidiens, que de réparer les zones cérébrales endommagées plus efficacement en immergeant l’individu dans un nouveau corps.
Ainsi, le développement de ces nouvelles technologies de pointe, loin de laisser les séniors de côté, offre de nouvelles solutions de soin et d’accompagnement.

 

Guillaume Renouard,
Analyste à L’Atelier BNP Paribas à San Francisco/ @atelier_us

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Robotique et réalité virtuelle au service de la rééducation