Créé en 2013, Calico, filiale de Google, est le laboratoire de recherche du groupe Alphabet dont la mission est de traiter les maladies associées au vieillissement pour «  Tuer la mort « . La formule est récurrente mais décrit bien l’objectif final. En attendant de le réaliser, le laboratoire s’emploie à prolonger le plus possible la durée de vie des êtres humains.

Pour ralentir le vieillissement, Calico (CAlifornia LIfe COmpany) étudie une race particulière de rongeurs qui vit beaucoup plus longtemps que les autres, les «  rats taupes nus « . La nouvelle n’est pas des plus attrayantes, elle a pourtant fait l’objet de plusieurs articles de presse en décembre. Ce qui l’explique ? La discrétion légendaire du laboratoire de recherche de la galaxie Alphabet (la maison-mère de Google). Depuis l’annonce de sa création en septembre 2013, peu d’informations ont filtré, alors tout est bon à prendre.

L’objectif est clair. Calico vise à «  exploiter les technologies de pointe pour améliorer la compréhension de la biologie et permettre aux gens de mener une vie plus saine et plus longue « . Autrement dit, le laboratoire cherche à prolonger l’espérance de vie. Mais quelles sont ses méthodes ? Ses équipes ? Ses moyens ? Et surtout, pourquoi la maison-mère du plus célèbre outil de recherche s’est-elle emparée de la question ?

Google détient évidemment les réponses mais son moteur de recherche ne les divulgue que partiellement. Calico est régulièrement présenté comme l’un de ses deux laboratoires « secrets », avec Google X – chargé notamment du développement des véhicules autonomes – , et comme le successeur de Google Health, un service internet d’archivage des dossiers médicaux américains. À sa tête, le docteur en biochimie et en génétique Arthur D. Levinson, dit “Art”, n’est autre que le président d’Apple. Scientifiques, informaticiens et commerciaux constituent une équipe d’une vingtaine de personnes d’après leur site. Selon le magazine MIT Technology review, il y aurait plutôt une centaine d’employés, triés sur le volet.

C’est principalement à travers les annonces de partenariat que des informations apparaissent. En septembre 2014, la collaboration de Calico avec AbbVie, une entreprise spécialisée dans la recherche pharmaceutique, se concentre sur le développement de nouvelles thérapies pour des patients ayant des maladies liées à l’âge, incluant la neurodégénérescence et le cancer. Les deux firmes ont co-investi 1,5 milliard de dollars dans le projet. Plusieurs autres partenariats ont suivi celui-ci, principalement avec des universités et des instituts de recherche. Tous affichent pour ambition l’étude des causes du vieillissement et l’identification des axes de traitement pour les maladies qui y sont liées. Mais les résultats, eux, ne sont pas publics.

Une chose est sûre, Calico bénéficie de moyens conséquents alloués par Alphabet et pas seulement d’ordre financier. Les experts sont convaincus que le laboratoire exploite la très large base de données du groupe. Une mine d’informations qui leur facilitera probablement la tâche.

Plusieurs éléments laissent à penser que Calico, dans sa quête de longévité pour l’être humain, se concentre en priorité sur la génétique. Comme mentionné par Techcrunch, l’acquisition de la start-up 23andme qui analyse le code génétique de ses clients, a permis à la maison-mère de Google de disposer d’une base de données génomique. Dans la même veine, le laboratoire utilise également les données du site AncestryDNA depuis le partenariat conclu en juillet 2015. Enfin, la vice-présidente de l’organisation et bio-gérontologiste Cynthia Kenyon est connue pour être parvenue à améliorer la durée de vie d’un ver en manipulant un seul gène.

Quelle que soit la méthode employée, le but de l’entreprise serait – d’après plusieurs sources – d’augmenter l’espérance de vie à 100 ans pour les personnes nées il y a plus de 20 ans. Et de devenir ainsi le chantre du transhumanisme, un courant qui prône l’utilisation de la technologie pour repousser les limites biologiques. Des informations qui n’ont pas pu être confirmées puisque Calico a refusé de répondre à nos sollicitations. Le laboratoire prend cependant soin de se justifier sur son site en précisant : “au fur et à mesure que nous progressons dans nos recherches et nos objectifs, notre capacité à traiter les demandes de renseignements de la presse est limitée. Nous ferons de notre mieux pour être en contact”. Reste à savoir si leur silence s’apparente à une volonté de garder le secret ou s’ils n’ont tout simplement rien à dire, aucune avancée n’étant encore suffisamment significative pour être révélée. Affaire à suivre.

Sophia Qadiri
L’Atelier BNP Paribas North America
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Que sait-on de Calico, le laboratoire d’Alphabet qui lutte contre le vieillissement ?