Le care, un projet de société

Qu’est-ce que le « care » ? C’est d’abord un mot anglais qui signifie « s’occuper de », « se soucier de ». Néologisme ? Effet de mode ? Le care est bien plus que ça : il est devenu, dans les pays anglo-saxons, une véritable éthique destinée à révolutionner la société.

C’est dans les années 1960 aux Etats-Unis que le « Care » apparaît lorsqu’une poignée de féministes oppose aux théories dominantes une pensée qui remet l’attention à l’autre au centre des préoccupations.  Carol Gilligan la première utilise le terme pour expliquer la façon dont les femmes fondent leurs jugements moraux sur les autres et non, comme les hommes, sur elles-mêmes.

Il y a aurait donc une façon d’aborder la morale spécifique aux femmes et une autre plus particulière aux hommes ? L’idée choque ! Si bien que la génération de théoriciennes suivantes va travailler à universaliser le concept, en l’état bien trop différencialiste à leurs yeux. Le care devient alors une notion politique, pensée en réaction aux travers des démocraties libérales, fondées sur l’idée que nous sommes tous libres et autonomes.

Pour Joan Tronto, au contraire, l’être humain est fondamentalement dépendant des autres et vulnérable du début à la fin de sa vie, Elle souhaite que cette vulnérabilité soit mieux prise en compte et pour cela, elle demande une révolution dans l’organisation de la société.

Plus nuancée, Martha Nussbaum propose quant à elle, plutôt que de remplacer un modèle par un autre, de chercher un équilibre entre libéralisme et care : pour elle, l’objectif de la société doit être de promouvoir l’autonomie comme idéal de l’existence humaine, tout en prenant en compte la vulnérabilité de chacun. Le care doit servir de correctif aux travers du libéralisme

Plus que de la simple sollicitude, qu’une béquille ou qu’un cache-misère, le care est un projet de société dont tout le monde peut et doit être acteur. C’est un moteur pour aider la société à mieux considérer et mieux prendre la responsabilité des plus fragiles.


Génération Care, le care en action

Le care est depuis les années 1960 l’apanage des théoriciens et des universitaires. Ses objectifs sont pourtant très concrets et concernent tous les individus. Nous avons tous autour de nous un enfant, un malade, une personne âgée qui a besoin qu’on la prenne en considération.

Génération Care veut donner corps au care. Son ambition : passer d’un care théorique à un care pratique, inviter à l’action et faire évoluer les mentalités. Pour cela, le blog se propose en premier lieu d’être un observatoire des initiatives existantes, et d’instaurer un baromètre des actions « care » ou « pas care ».


Les vieux au cœur du care

Théoriquement, la problématique du care concerne toutes les personnes en situation de vulnérabilité. Or dans nos sociétés occidentales, les vieux sont de plus en plus nombreux, et vivent de plus en plus longtemps. En France, les personnes âgées de 60 ans ou plus sont aujourd’hui 15 millions.

Cette mutation démographique oblige à repenser l’accompagnement de l’avancée en âge. De nombreuses initiatives témoignent déjà des efforts qui sont fait pour faire reculer la perte d’autonomie : maisons de retraites innovantes, nouvelles technologies permettant une surveillance et un suivi médical à domicile… le tout encouragé par les politiques sous l’égide de la Silver Economie.

Les vieux sont – et seront de plus en plus – au cœur du sujet. C’est sur eux, en priorité, que Generation care souhaite se concentrer.

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