Le dépistage anticipé de la maladie de Parkinson et du cancer, auquel les seniors n’ont aujourd’hui que trop peu accès, peut sauver des vies. Retour sur quelques technologies « made in Silicon Valley » qui pourraient changer le cours des choses.

La maladie de Parkinson et le cancer sévissent parmi les populations vieillissantes. En effet, Parkinson, à l’exception de formes précoces de la pathologie, ne se déclare qu’auprès d’individus âgés de plus de 65 ans. Par ailleurs, le dépistage prématuré demeure aujourd’hui un exercice complexe pour les médecins qui ne disposent pas d’une procédure standardisée pour détecter en amont le développement de Parkinson.

Quant au cancer dont certains types sont plus fréquents chez les personnes âgées (cancer de la prostate, du sein, colorectaux ou gastriques), il est souvent diagnostiqué tardivement chez les seniors qui sortent du radar des actions de dépistage systématique. Pourtant, un cancer détecté précocement signifie autant de chances supplémentaires pour l’individu de le combattre avec succès.

Le cancer touche les populations âgées de plein fouet.

60% des personnes qui ont développé un cancer seraient âgées de 65 ans et plus.
94 % des cancers colorectaux se manifestent chez les personnes de plus de 50 ans.
● L’âge moyen des personnes au moment du diagnostic est de 70 ans.

Parkinson, cause majeure de handicap chez le sujet âgé.

1.5 million d’Américains vivent aujourd’hui avec la maladie de Parkinson.
● L’âge moyen des personnes au moment du diagnostic est de 60 ans.
60 000 nouveaux cas découverts chaque année aux États-Unis. Selon la Parkinson Disease Foundation, un nombre équivalent de cas passerait entre les mailles du filet.

 


L’analyse sanguine, premier outil de détection rapide et économique

Le prélèvement sanguin comme méthode de détection du cancer a, au cours des dernières années, particulièrement attiré l’intérêt des investisseurs. De nombreuses start-ups, à l’image de Guardant Health ou Grail, ont mis au point des tests à même de déceler l’invasion tumorale au tout début du stade de la maladie. Ceux-ci se présentent comme une alternative à la biopsie, procédure aussi lourde que coûteuse pour le patient. À titre d’exemple, le coût de la technologie mise au point par Guardant Health s’élève à 5 400 dollars par patient, une solution plus avantageuse si l’on en croit le prix moyen d’une biopsie qui, lui, revient en moyenne à 14 000 dollars.

 

Les ultrasons pour détecter précocement le cancer du sein
Outre l’analyse sanguine, les ultrasons pourraient également accélérer le diagnostic de cancers. C’est en tout cas le pari d’iSono Health. La start-up californienne a mis au point un appareil connecté qui fonctionne grâce aux ultrasons pour générer des images comme lors d’une mammographie. Grâce au machine learning, les images sont ensuite comparées avec une multitude d’autres stockées au sein d’une base de données. Les résultats du test, qui peut s’effectuer chez soi, sont transmis à l’utilisatrice, qui se verra redirigée ou non vers son médecin pour de plus amples analyses. En se démocratisant, cette technologie pourrait se substituer à la mammographie, qui selon les dires de Maryam Ziaei, co-fondatrice d’iSono Health, laisserait passer un cancer sur trois entre les mailles de son filet.

 

Détection rapide grâce à l’analyse du génome
L’étude du génome passionne la Silicon Valley tant elle s’avère prometteuse pour le dépistage anticipé de maladies graves. La start-up Cofactor Genomics a ainsi développé une plateforme d’analyse de l’acide ribonucléique (ARN), une enzyme clé dans la synthèse des protéines à partir de l’information génétique.
Pour le patient, il suffit de réaliser des prélèvements sanguins de manière régulière et de les envoyer à la start-up. Cette dernière tire ensuite des conclusions en fonction des résultats du séquençage de l’ARN réalisé par le biais de sa plateforme. «D’une part, l’ARN se fait l’expression du patrimoine génétique d’un individu et permet ainsi de révéler ses prédispositions à telle ou telle maladie. D’autre part, il prend également en compte des facteurs dynamiques tels que la pratique ou non du sport ou encore le régime alimentaire de la personne, ce qui permet ensuite, dans la phase de traitement, de comprendre les implications de différents leviers sur l’individu », explique Jarrett Glasscock, co-fondateur et CEO de Cofactor.
La médecine prédictive alimentée par les technologies de la Silicon Valley, se démocratise et promet ainsi de diagnostiquer les maladies au plus tôt pour mieux les soigner. La prochaine frontière du transhumanisme est bien de détecter les signes avant-coureurs des maladies. Et ainsi soigner avant même d’être malade.

 

Pauline Canteneur
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