Le réseau de mobilisation nationale contre l’isolement des personnes âgées (MONALISA) qui regroupe les pouvoirs publics et des associations privées fête ses 1 an.  A cette occasion, une campagne de communication nationale sera lancée et les « premières rencontres MONALISA » seront organisées le 27 janvier prochain. Après un an d’existence,  nous faisons le point avec Jean-Francois Serres, délégué général de MONALISA,  sur le bilan et les perspectives de ce réseau dont l’objectif est la mise en place d’équipes citoyennes pour rompre l’isolement des âgés.  

Génération Care : Que s’est-il passé lors de cette première année d’existence ?

Jean-François Serres : 2014 a  permis d’organiser les coopérations et a favorisé l’adhésion d’un nombre important d’organisations et d’associations. 75 rencontres territoriales se sont tenues dans plus de 40 départements pour présenter la démarche. Les coopérations départementales se sont organisées, de façon à ce que les personnes qui agissent déjà ou qui sont concernées par la question de l’isolement social se rencontrent, se connaissent, travaillent ensemble et commencent à mettre en place les modalités de travail pour faire converger les forces des uns et des autres, pour renforcer et développer les initiatives et les actions sur les territoires.

G. C. : Où en sont les équipes citoyennes ?

J. F. S : Pour qu’elles puissent se mettre en place, il fallait passer par tout ce travail d’animation de réseau et de coopération entre les organisations, qui prend beaucoup d’énergie et de temps. Les premières équipes s’engagent, environ 60 aujourd’hui et cela va monter en charge en 2015. Le travail de 2014 va permettre au réseau d’appuyer concrètement les équipes à partir de maintenant. Des parcours de formation sont prêts à être déployés après avoir été expérimentés. Tous les outils de la concrétisation sont là.

G. C. : Qu’attendez-vous de la rencontre du 27 janvier ?

J. F. S. : L’objectif de ces premières rencontres du 27 janvier et de la campagne de communication associée est de mettre sur la place publique la question de l’isolement social. Nous voulons, en débattant et en échangeant sur la question avec de nombreuses personnalités,  faire résonner davantage le défi du développement de l’engagement citoyen. Pour nous c’est une urgence sociale.

G.C. : Quels sont les leviers de la lutte contre l’isolement ?

J. F. S. : D’abord et avant tout de coopérer, tous ensemble. C’est le leitmotiv de la mobilisation nationale. Dépassons nos chapelles, bannières, culture, mettons en commun nos forces. L’engagement des citoyens est volontaire, il peut être encouragé, soutenu, mais il ne peut pas être décrété. Toutes nos forces doivent être dédiées à faciliter l’engagement de chacun des habitants, en mettant en place ce qui leur facilitera la vie dans le cadre de ces équipes citoyennes de quartier.

G. C. : Y a-t-il une prise de conscience de la situation d’un isolement social de plus en plus important, en particulier pour les personnes âgées ?

J. F. S. : Je crois malheureusement que ce que nous venons de vivre en France (avec l’attentat contre Charlie Hebdo NDLR) est très frappant pour nous qui sommes engagés dans ce combat contre l’isolement.  Nous exprimons cette urgence sociale de l’engagement citoyen à un moment où le peuple a manifesté la volonté de poser l’essentiel sur la table. L’enjeu collectif c’est cette capacité à être chacun individuellement libre de ses choix, et en même temps de vivre ensemble dans une attention à l’autre qui manque terriblement. Il faut absolument que notre société soit plus conviviale, plus accueillante et pour cela tous les dispositifs existants doivent être renforcés mais cela concerne aussi l’engagement de chacun d’entre nous. La dimension de fraternité de la société doit vraiment monter en charge de façon importante.

G. C. : Qu’attendez-vous de 2015 pour MONALISA ?

J. F. S. : Que ce soit l’année de la concrétisation. En 2014 on s’est vraiment rassemblés. Maintenant qu’on a réussi à fédérer autant de monde au niveau national et au niveau des territoires, il faut que le nombre d’équipes commence à croître, que les appuis en formation, de tout ordre, se déploient, pour que 2015 soit l’année où on voit apparaître des initiatives et des actions concrètes encourageantes pour l’avenir.

Propos recueillis par Sandrine GOLDSCHMIDT

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2015, année de la concrétisation pour MONALISA