Pendant les deux jours de notre Jam des 5 et 6 novembre derniers, un groupe de baby-boomers s’est penché sur la question de la mobilité dans la ville¹. Sujet central du monde qui change, la mobilité est aussi un facteur clé du vieillissement actif, un rempart contre l’isolement et la perte d’autonomie. De quelle mobilité ont eu envie nos « jeunes seniors » encore en pleine forme ? Ils ont l’espoir d’une mobilité non plus subie mais assumée, adaptée aux besoins de chacun et facilitée par un environnement dynamique.


Adaptée aux besoins de chacun

Agés de 50 à 70 ans, les baby-boomers qui ont participé à notre atelier de co-création n’avaient pas de problèmes de mobilité liés à un isolement géographique ou à une perte d’autonomie. En revanche, pour beaucoup encore en activité, l’idée de « bouger » était souvent associée à la pénibilité de la région parisienne et au trajet long et fastidieux nécessaire pour se rendre sur son lieu de travail. Comme pour d’autres thématiques, le vieillir demain a donc été associé à un temps de l’après-vie professionnelle envisagé ou espéré comme celui d’une renaissance, comme en témoignait l’un d’entre eux, déjà à la retraite : « j’ai dû prendre le RER. Maintenant, je me balade comme je veux, quand je veux ».


Une mobilité-plaisir

C’est un facteur essentiel que les inventeurs de la ville de demain doivent avoir en tête : mobilité doit donc pouvoir rimer avec plaisir. Alors que pour les plus âgés, comme nous l’expliquait Elodie Grivel de l’association Wimoov, il faut susciter l’envie de sortir de chez soi, pour les « futurs seniors », l’envie est bien là. Mais il faut qu’elle ne soit pas freinée par des trajets contraignants ou un environnement hostile. Ainsi, le même parcours, selon qu’il est choisi ou subi, peut être tout à fait différent. Si on doit se déplacer pour une démarche ou une course obligatoire, prendre plusieurs moyens de transports différents va peser. En revanche, s’il s’agit de sortir pour une activité choisie, ou pour le simple plaisir de se promener, alors les baby-boomers sont prêts à toutes les agilités.


Des nouvelles technologies au service de cette mobilité plaisir

Dans l’atelier mobilité/ville, le groupe de baby-boomers s’est révélé plutôt ouvert aux nouvelles technologies, sans la réticence qu’on a pu constater parfois dans d’autres domaines. Déjà connectés, les jammers ont vu dans les nouvelles possibilités numériques des moyens de réaliser leur rêve de mobilité plaisir. Ainsi, ils ont plébiscité des applications qui les informeraient sur les possibilités de loisir, et les connexions possibles avec les autres. Les réseaux permettent de renseigner leurs préférences, puis de repérer avec qui ils pourraient partager leur chemin ou leur voiture, et faciliter ainsi leur vie sociale.


Mobilité inversée : faire venir le monde à soi

Dans le même ordre d’idée, les baby-boomers se sont montrés très intéressés par certains services de mobilité inversée. Ainsi, faire ses courses, et ne pas oublier les croquettes du chat après une journée passée au musée par exemple, ne devient plus un problème dans le monde qu’ils imaginent : au lieu de devoir ressortir dans des magasins ouverts tard, un service de livraison immédiate par Internet leur permettrait insouciance et légèreté.


Des transports et des horaires à la carte

En matière de mobilité comme en matière d’habitat, ils ont souhaité voir leur environnement s’adapter à eux plutôt que l’inverse. Finie la contrainte, ce qui les fait rêver, ce sont les horaires à la carte, les bus munis de logiciels permettant au conducteur –ou au bus autonome demain, de venir les chercher là où ils sont et au moment où on a besoin d’eux. Un système qui permettrait d’optimiser les déplacements, et pourrait s’avérer rentable pour tout le monde.


Voiture autonome oui, mais la marche aussi !

Enfin, les jammers rêvent d’une mobilité moderne, mais pas forcément gouvernée par la vitesse ou l’assistanat. S’ils sont plutôt sans a priori négatif face à la voiture ou au bus autonome, et prêts à les utiliser, ce n’est pas forcément cela qui les fait rêver… A contrario, la marche est revenue au long des deux jours comme un leitmotiv. Car une mobilité réussie, pour eux, c’est cela : oubli des contraintes, légèreté, souplesse et plaisir. Etre aidés par un nouveau temps de vie et des nouveaux outils, mais aussi prendre son temps et utiliser le « plus vieux moyen de transport du monde », la marche, fait résonner à leurs oreilles comme un petit air de bonheur…

 

¹ Nos jammers venant surtout de milieux urbains, les discussions se sont concentrées plus sur la ville que sur les zones rurales

Une mobilité plaisir : ce que révèle le Jam