Depuis deux ans, une marque de vêtements chics pour bébés et enfants utilise le savoir-faire de nos grand-mères françaises. Elles sont une cinquantaine à tricoter pour l’entreprise Mamy Factory. Sa créatrice, Stéphanie Léone, nous parle de ces mamies à la mode.

Comment est venue l’idée de faire travailler des grand-mères ?

Stéphanie Léone : Après avoir travaillé dans les télécommunications sur de gros projets qui voyaient le jour au bout de cinq ou six ans, j’ai eu envie de concret et de trouver une dimension humaine plus forte. Plus terrienne. Et de fil en aiguille, j’ai pensé à la laine qui est une matière vivante, que l’on peut toucher. L’idée des mamies est venue ensuite. J’avais étudié le marché des seniors avec cette population qui vieillit, puis celui de la consommation responsable et éthique. Mamy Factory est un peu la synthèse de toutes ces tendances.

Vous aviez une grand-mère fan de tricot ?

Oui. Enfant, je choisissais des modèles sur catalogues et elle me les réalisait. Cet élément fort a dû me marquer pour que j’y revienne… Le tricot représente quelque chose de positif à mes yeux : c’est doux, c’est chaud, c’est beau et fait avec amour.

Quel est le statut de ces mamies qui travaillent pour vous ?

Nous sommes une entreprise et non une association. Elles ne peuvent pas être bénévoles. Elles sont auto-entrepreneurs et facturent à l’article commandé. Ce statut est compatible avec la retraite mais pas avec une pension d’invalidité. Certaines l’avaient déjà (pour avoir fait des marchés de Noël par exemple). Nous sommes dans une forme de relation de client à sous-traitant. Elles demeurent indépendantes : elles acceptent ou pas une commande. Une cinquantaine de grand-mères sont très actives avec nous. Mais nous avons 6000 personnes sur liste d’attente ! Elles ont entendu parler de nous par la presse. Nous avons même dû ouvrir une base de données.

Quels bénéfices tirent-elles de cette activité en plus d’un revenu supplémentaire ?

Un sentiment d’utilité, une occupation et même une certaine valorisation. Car non seulement elles peuvent être fières de leur travail qui est reconnu par une marque jeune et moderne mais elles voient aussi une renommée dans la presse.
Et elles utilisent leurs mains.
Tricoter détend mais c’est chronophage. Elles doivent être disponibles. Cela leur permet de rester en alerte et de faire travailler le cerveau. Car on calcule, on recompte les mailles en tricotant. Et on se concentre.

Des amitiés se sont-elles tricotées ?

Tout à fait. Elles se téléphonent. Nous avons une tricoteuse référente par prototype avec qui les autres communiquent. Certaines se croisent. A Paris, deux personnes habitent le même quartier donc elles s’entraident : l’une fait les finitions de l’autre.  Et l’on voit bien qu’autour d’une même passion on peut réunir des personnes de régions et milieux différents.
Sur votre site internet et dans votre boutique, on voit des photos de ces femmes.
L’idée était d’humaniser ce travail, de le rendre concret et de montrer qu’il ne s’agit pas d’un concept marketing. On précise des choses sur elles : leurs prénoms, anciens métiers, passions…

Et une Papy Factory ?

Un homme est sur liste d’attente…

Propos recueillis par Marina Lemaire.

« Dans une logique intergénérationnelle créatrice de lien social » la Mamy Factory lancera bientôt des cours de tricot donnés par ces mamies tricoteuses aux plus jeunes. Pour les rencontrer prochainement, rendez-vous au BHV (36 rue de la Verrerie, 75004 Paris). Du 26 novembre au 27 décembre 2014, elles dispenseront pour Noël leur savoir-faire sur un stand éphémère.

En savoir plus : www.mamyfactory.com

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