Que ce soit pour réaliser des économies d’énergie, communiquer avec leurs petits-enfants ou s’assurer du bien-être de leurs parents, les baby-boomers américains éprouvent un intérêt croissant pour les objets connectés.

Les baby-boomers n’hésitent pas à investir pour moderniser leurs foyers. Selon une étude du Joint Center for Housing Study, de l’université d’Harvard, ils totalisent à eux seuls la moitié des dépenses engagées annuellement par les Américains pour moderniser leur domicile. Alors que bon nombre d’entre eux atteignent l’âge de la retraite, ils sont du même coup amenés à passer davantage de temps dans leur foyer ; logique, donc, qu’ils n’hésitent pas à mettre la main à la poche pour le rendre le plus agréable à vivre possible. En parallèle, avec l’augmentation de l’espérance de vie, les baby-boomers sont aujourd’hui en meilleure forme physique que leurs parents et grands-parents ne l’étaient au même âge. Une réalité qui se traduit non seulement par cette volonté de rénover leur domicile, mais aussi par la nature des dépenses effectuées. Ainsi, nombre d’entre eux choisissent d’installer un bureau dans leur foyer. Selon David Baxter, Senior Vice President d’Age Wave, un cabinet de recherches et conseils centré sur les personnages âgées, ces dernières entendent poursuivre une activité professionnelle, mais en indépendants et selon leur propre rythme.


Réaliser des économies d’énergie

La rupture avec les générations précédentes se matérialise par ailleurs dans l’attitude des baby-boomers vis-à-vis des nouvelles technologies : nombre d’entre eux en sont férus. Selon une étude d’Age Wave, 80% des retraités interrogés (dont une grande majorité de baby- boomers) s’intéressent aujourd’hui aux nouvelles technologies susceptibles de réduire leurs dépenses d’énergie. L’un des produits phares du secteur est le thermostat intelligent commercialisé par Nest, société acquise par Google en 2014. Celui-ci s’adapte aux habitudes de l’utilisateur afin d’optimiser sa consommation d’énergie, réduisant par exemple automatiquement le chauffage lorsque son propriétaire est absent. Selon la même étude, les technologies permettant de communiquer à distance, comme le chat vidéo, ont également les faveurs des deux tiers des retraités interrogés. Ainsi Jibo, un assistant virtuel taillé pour la maison intelligente, permet notamment aux enfants de communiquer facilement avec leurs grands-parents, tout comme Ily, téléphone fixe conçu pour faciliter les échanges inter-générationnels. Enfin, 60% des retraités interrogés s’intéressent également aux technologies visant à entretenir plus facilement leur domicile, libérant du temps pour d’autres activités. Citons à titre d’exemple le célèbre robot Roomba, capable de passer l’aspirateur tout seul, ou encore les allées chauffantes, qui font fondre la neige.


Veiller au bien-être des parents

Avec la maison connectée, les baby-boomers prennent également soin de leurs parents, dont l’âge avancé peut être synonyme de dépendance. Les technologies de sols connectés permettent par exemple de détecter la chute d’une personne âgée et d’avertir immédiatement ses enfants. L’assistant virtuel ouvre également de nouveaux horizons aux baby-boomers dont les parents ont besoin d’une surveillance médicale. La start-up Sense.ly développe ainsi une assistante virtuelle, Molly. Son rôle ? Surveiller l’état de santé des patients, leur rappeler de prendre leurs médicaments, et même leur faire la conversation. Pour les baby-boomers, le futur sera connecté ou ne sera pas !

 

Guillaume Renouard
Analyste à L’Atelier BNP Paribas à San Francisco/ @atelier_us

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La maison intelligente séduit les baby-boomers américains