Faire cohabiter ensemble des seniors et des jeunes travailleurs dans une résidence sociale est un concept novateur. La Maison des générations accueille ses premiers résidents dans le cœur historique de Paris. Visite !

La résidence des Célestins. C’est le joli nom de ce projet initié « au départ, par la mairie du 4ème arrondissement », rappelle Hayad Perriguey, directrice de la partie « Séniors » pour l’association Coallia.* L’image que propose cette organisatrice enthousiaste est la rencontre de deux extrêmes : « C’est l’aube et le crépuscule. Les jeunes partent le matin et rentrent le soir. Alors que les personnes âgées sont là tout le temps. Ils ont tous à apprendre les uns des autres. »

Tous les retraités étaient en attente d’un logement social. « On reste dans du social. Le lieu est dédié à des personnes autonomes mais on offre en plus un accompagnement socioculturel ». Hayad considère ce projet comme « un challenge » à mener avec son binôme, la responsable des jeunes travailleurs de l’association ALJT*, Corinne Relmy. Elle a sélectionné les jeunes travailleurs. « Ils peuvent être en stage, apprentis, étudiants ou en CDD pour une durée maximum de deux ans. »

Corinne anime aussi des ateliers emploi et logement pour leur avenir. « C’est une chance pour eux, dit-elle. Ils ont l’opportunité de côtoyer des séniors.  Certains n’ont pas eu de grands-parents. On a vu des jeunes aider ces mamies à emménager. » Elle ne cache pas que « le bruit de la jeunesse » pourra être un obstacle. Du coup, « la courtoisie a été mise en avant. » Hayad prépare même une charte du bien-vivre ensemble. « Sans être dans un monde de « Oui-Oui », dit-elle en souriant, il y a un vrai bonheur pour les personnes qui viennent d’arriver. » Justement, Patrick, ancien jardinier de ville, 60 ans, est là depuis trois semaines. « Tout me plaît ici, assure-t-il. Avant ? Je vivais dans un appartement qui faisait hôtel. » Isabel s’adapte, elle, doucement, à son âge, 81 ans, mais apprécie les lieux. « C’est vivant et joli », confirme sa fille qui vit de l’autre coté de la rue. De son appartement, elle voit sa mère à la fenêtre. « Ma mère est prête à tout faire ! Il faut qu’elle soit occupée, qu’elle fasse des exercices. » Gaina, 70 ans, veut du solide. « C’est magique ici ! Mais j’attends que les choses se mettent en place. On est là pour bâtir quelque chose. On a plein de choses à faire à 70, 80, 90 ans. A nous de créer une famille. » S’ils sont reliés par une passerelle entre les deux bâtiments, les résidents le seront aussi par les activités proposées. Car l’objectif est bien d’animer l’endroit pour créer « une mixité sociale et intergénérationnelle », rappelle Corinne.

Un premier apéritif dinatoire intergénérationnel est prévu fin avril, des ateliers de tai-chi, de jardinage, et d’autres sorties culturelles sont prévus. Des espaces communs favorisent les rencontres : un cyberespace, une « papothèque » et une laverie sont mis à disposition. Sans oublier de superbes terrasses sur les toits avec vue sur la Seine. A croire que la fête des voisins va être quotidienne ! Si Paris est décidemment la ville de tous les possibles, d’autres projets se réalisent ailleurs. Les Maisons de Marianne* dans le Val d’Oise inaugureront ainsi une résidence en juin prochain.

Marina Lemaire.

* http://www.coallia.org
* http://www.aljt.com
* http://www.maisonsdemarianne.fr

Pour en savoir plus : 47 logements de 16 à 18m2 sont proposés aux jeunes travailleurs. Coût de location sans A.P.L : 430 euros. Pour les séniors, il existe 45 appartements et une « redevance » mensuelle comprenant le loyer, les charges d’eau et d’électricité, ainsi que la taxe d’habitation et les animations. Pour un 30 m2, 830 euros. 944 euros pour un 50 m2. Sans compter les APL et autres aides sociales.

Bienvenue à la maison des générations !