« J’y suis, j’y reste » : Le titre du documentaire réalisé par Marie Delsalle et Pierre Rapey correspond tout à fait au souhait des 90 % de la population qui veulent rester vivre le plus longtemps possible dans leur logement. Or, ce choix ne peut réellement se réaliser qu’en adaptant le chez-soi avec les problématiques liées à l’avancée en âge.  

Un chez-soi comme point de repère
Le logement n’est pas seulement un lieu d’habitation dans lequel tout individu réalise des actes de la vie quotidienne, comme dormir, manger, se laver, etc. Cet espace privé est bien plus que cela. En effet, en y vivant, l’individu se l’approprie, y inscrit une partie de son identité et de sa vie. Ce chez-soi recèle à la fois les souvenirs du passé, l’histoire familiale, les usages du présent, mais aussi l’intimité secrète qui n’appartient qu’à l’habitant du logement. Avec l’avancée en âge, le logement devient alors un lieu de repère, familier, rassurant vis-à-vis du dehors.

Or, ce chez-soi peut aussi se révéler dangereux lorsqu’il devient inadapté aux limitations fonctionnelles de l’individu. Eclairages trop faibles, sols glissants, meubles trop hauts, etc. sont autant d’obstacles majeurs pour la personne âgée. Selon l’Institut de Veille Sanitaire, un tiers des personnes de plus de 65 ans chute une fois par an et deux tiers de ces chutes surviennent dans le logement. Ces accidents sont en partie l’expression de l’inadaptation du logement, mais aussi, parfois, de l’inattention de l’individu dans un espace dans lequel les repères n’ont pas toujours évolué en même temps que ses incapacités.

Adapter : Pourquoi ? Comment ?
L’adaptation du logement répond à différents objectifs, tels qu’apporter un confort et une facilité dans les gestes de la vie quotidienne, prévenir notamment les risques de chutes, sécuriser l’individu et son entourage, et apporter des réponses à des incapacités temporaires ou définitives.
Ces adaptations renvoient à des aménagements minimes de l’intérieur du logement en modifiant par exemple l’emplacement de certains objets, en allant jusqu’à une large gamme de travaux en fonction des besoins :
–    pose d’équipements légers (installation de barres d’appui, remplacement d’une baignoire par une douche…)
–    installation de produits de domotique (contrôle à distance d’éclairage, de chauffage, de volets…)
–    réalisation de travaux plus lourds (aménagement d’une chambre au rez-de-chaussée d’une maison individuelle…)

Ces adaptations plurielles s’inscrivent dans une démarche du bien-vivre et du bien-vieillir. Cependant, trois points sont à prendre en considération lorsqu’on pense l’adaptation du logement d’une personne âgée. Tout d’abord, les professionnels et l’entourage qui œuvrent pour adapter le logement ne peuvent le faire qu’en dialoguant avec l’individu et en étant prêts à accueillir ses choix. Comme nous l’avons mentionné, le logement a un rôle fondamental dans l’identité de la personne ; dès lors, afin d’éviter tous freins psychologiques, il est important de comprendre son positionnement vis-à-vis de l’adaptation, du changement et de la nouveauté. De plus, le réseau d’interrelations de l’individu peut également être pris en compte. En effet, en modulant l’espace, on facilite l’accès aux professionnels, on redéfinit la place des aidants et on préserve l’espace privé de l’intime. Enfin, la mise en place des aménagements ne doit pas s’arrêter uniquement aux frontières du privé, ce qui isolerait l’individu dans son logement. Afin que l’individu continue à circuler dans la ville, il est nécessaire que le quartier soit aussi adapté. Sans solution de mobilité, la sphère publique peut intégrer le chez-soi, et des dispositifs innovants comme les outils numériques peuvent être envisagés.

Penser un habitat évolutif
Aujourd’hui de nouveaux acteurs s’impliquent dans ce réaménagement de l’espace pour contribuer au maintien à domicile. De grandes enseignes telles que Leroy Merlin ou Lapeyre, offrent de plus en plus de produits et de conseils facilitant l’accessibilité, le confort et l’ergonomie. De ce point de vue, les architectes, les architectes d’intérieur, les ergonomes, les acteurs du numérique, etc. ont toute leur place pour permettre de concevoir de nouvelles formes de confort, d’équipement et de penser un habitat qui évolue au regard de l’avancée en âge des individus.
Ainsi, offrir la possibilité de continuer à vivre, de prévenir les risques, ne peut se faire qu’à condition que la personne soit actrice de ce changement. Et tous ces réaménagements ne remplaceront pas le besoin d’aides humaines et de relations sociales, qui contribuent autant au bien-vivre chez soi.

> Pour aller plus loin
« J’y suis, j’y reste » : Documentaire réalisé par Marie Delsalle et Pierre Rapey, initiée par Leroy Merlin Source et Réunica

Mélissa Petit

Le logement : Un chez-soi qui avance avec soi