Les 5 et 6 novembre derniers, les baby-boomers réunis pour co-construire le vieillir demain ont parfois semblé un peu frileux vis-à-vis des nouvelles technologies. Ils craignaient déshumanisation et perte du lien social. Mais, au fil de la co-création, ils ont pu dessiner un futur où le lien social serait au contraire renforcé par les nouveaux outils, et où les cloisons entre les âges disparaîtraient.

 

Créer du lien contre l’isolement
Les baby-boomers ont soif de lien social. On l’a vu avec la thématique « retraite », ils récusent l’image d’une vieillesse qui serait celle de la rupture, du retrait, où l’on perdrait petit à petit pied avec la société, pour se retrouver seuls. La menace de l’isolement plane aujourd’hui sur la vieillesse –les études montrent qu’une personne de plus de 70 ans sur quatre a moins de 5 interactions par an. Les jeunes seniors refusent de voir cette menace devenir une fatalité, et sont prêts à inventer de nouveaux types de relations.

 

Des liens choisis, des liens qui libèrent
Ils veulent donc continuer à nouer des liens, mais des liens qui libèrent. Les baby-boomers ne veulent pas être enchaînés au passé, en restant par exemple mariés coûte que coûte s’ils n’ont plus rien à faire ensemble. Logique de ne pas vouloir faire perdurer une situation insatisfaisante avec un horizon allongé de deux ou trois décennies. Aujourd’hui, le taux de divorce des plus de 60 ans est ainsi en forte augmentation. Ici comme dans d’autres domaines, le passage à la retraite est aussi le moment de se poser la question du renouveau, de la renaissance.

 

Transcender les générations
Les baby-boomers ont donc exprimé le désir de pouvoir se rencontrer, apprendre aux jeunes et apprendre des jeunes. La tribu, c’est pour eux la « famille choisie ». Ils manifestent l’envie « d’intergénérationnel », c’est-à-dire non pas de « mélanger des générations », mais de les transcender. Dans leur optique, chaque individu, quel que soit son âge, peut échanger, partager avec l’autre, et apprendre de lui. Ils veulent casser le cloisonnement entre les âges.

 

Une préparation nécessaire
Mais comment faire pour se réinventer après 60 ans, pour se sentir libres dans le choix de ses relations ? Cela fait partie d’un tout, un tout qui s’anticipe et se prépare avant de se retrouver dans cette nouvelle étape de vie. Encore une fois, les baby-boomers ont manifesté la nécessité d’être accompagnés vers leur nouvelle vie, encouragés à se tourner vers leurs passions.


Du lien grâce aux nouvelles technologies

Si c’est pour mieux assouvir ces passions, ils sont alors prêts à s’approprier les nouvelles technologies. Après avoir mis de côté la peur qu’elles dévorent tout l’espace, en particulier remplaçant l’humain, ils ont pu découvrir les possibilités qu’elles offrent, et les envisager comme « le petit plus » qui permet de se réaliser, et de recréer du lien social. Grâce à la technologie, de nombreux réseaux se créent : des réseaux de voisinage sur la toile. Parmi d’autres, « mon p’tit voisinage » ou « Voisin-age » sont des marchepieds pour se connaître dans la vraie vie.

 

Du lien social pour donner du sens
Et finalement, le groupe « tribu-lien social » est arrivé à son tour à cette conclusion : l’idéal n’est pas d’avoir à tout prix du lien avec les autres, ce n’est pas de multiplier les outils ou les inscriptions à des réseaux sociaux chronophages et isolants. L’idéal, c’est d’avoir le choix de ses relations sociales. L’idéal, c’est que celles-ci, nouées via Internet ou via la « vie réelle », permettent de donner du sens aux dernières années de sa vie.

 

 

 

 

 

 

 

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