Les cohabitations entre seniors et jeunes gens se sont développées ces dernières années. « L’étudiante et Monsieur Henri », une comédie émouvante, en salle mercredi, raconte cet apprivoisement réciproque. Le comédien Claude Brasseur y est formidable.

On peut avoir un demi-siècle d’écart et être heureux de vivre ensemble. A condition que chacun y mette du sien. Constance (Noémie Schmidt), jeune étudiante provinciale, est déterminée à poursuivre ses études à Paris. Pour éviter de faire les marchés comme ses parents, elle est prête à tout : trouver un petit boulot et surtout partager son quotidien avec un irascible septuagénaire, Henri (Claude Brasseur), contraint par son fils et ses problèmes de santé de louer une chambre pour rester chez lui.  « J’y vais jamais dans cette chambre,  il y a peut-être des cafards ». L’accueil donne le ton.
Et le règlement intérieur aussi : vingt pages. « Il faut des règles pour vivre en communauté, assène Henri. – Mais on est deux lui rétorque Constance – C’est déjà énorme ! ».

La jeune étudiante est fauchée et le vieil homme qui dispose encore d’une autorité naturelle et de toute sa tête quand ça l’arrange, en profite pour lui proposer un marché étonnant. Si elle parvient à séduire son fils Paul, un quadragénaire un poil benêt (Guillaume de Tonquédec), marié à « une idiote qui se perd dans un Franprix » (Frédérique Bel, délicieusement comique), Constance gagnera plusieurs mois de loyers… La proposition est alléchante ; ses conséquences forcément inattendues.

Cette comédie, issue d’une pièce de théâtre éponyme du scénariste et réalisateur, écrite en 2012, comporte de savoureux dialogues. Et l’émotion supplante l’humour lorsque la relation évolue et qu’Henri pose à la jeune fille une question essentielle, existentielle même : « Qu’est-ce qui vous plaît dans la vie ? Vous n’allez pas attendre mon âge pour faire ce qui vous plaît ? » Constance joue du piano. Henri l’aidera à préparer le concours d’une grande école. Peu importe qu’elle réussisse ou pas, il lui aura donné un bien inestimable : l’opportunité de choisir sa vie. Une sacrée chance.

 

Marina Lemaire.


L’étudiante et Monsieur Henri, de Ivan Calbérac. Avec Claude Brasseur, Noémie Schmidt et Guillaume de Tonquédec. Durée : 1h38.

L’étudiante et Monsieur Henri : une comédie dans l’air du temps