Une semaine avant la discussion de la loi d’adaptation de la société au vieillissement au Sénat (déjà adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale), l’OCIRP, qui réunit une trentaine d’organismes de prévoyance, a publié son baromètre autonomie. Selon ce sondage, les Français s’estiment plutôt bien informés sur la perte d’autonomie. En revanche, près des ¾ reconnaissent ne pas connaître précisément son coût mensuel ni les modalités de son financement.

Le maintien à domicile toujours plébiscité
Le sondage donne par ailleurs l’opinion des personnes interrogées sur la façon dont la perte d’autonomie doit être prise en compte par la société. Ainsi, ils se rendent compte que l’aide de la famille a des limites : seulement la moitié la pense possible au quotidien. Mais ils sont 80% toujours à préférer le maintien à domicile.
Ils veulent donc qu’eux ou leur proche reste à domicile et soit aidé par des professionnels.

Conscients du risque de perte d’autonomie sans passer à l’action
Si 85 % des personnes interrogées semblent conscientes de la nécessité de se prémunir financièrement contre la perte d’autonomie, 71 % reconnaissent ne pas être protégés contre ce risque. Selon l’OCIRP, « les Français sont très conscients du risque de perte d’autonomie mais ils ne passent pas à l’action. Difficulté à transformer ce besoin en couverture effective.
Explications : il s’agit d’un risque lointain, incertain, refoulé ; des priorités à plus court terme : pouvoir d’achat, santé, emploi, logement ».
Pour financer le système, les Français sont donc favorables à 60 % à un système mixte reposant à la fois sur la solidarité nationale et l’assurance individuelle complémentaire, sans pour autant être prêts à franchir le pas d’y souscrire.

Par ailleurs, le rôle de l’entreprise est reconnu : le contrat collectif proposé par son employeur est privilégié par plus de 68 % des personnes interrogées.
Sur le type de contrat possible, les avis sont partagés. Contrat spécifique, assurance-vie, complémentaire santé… il n’existe pas de réponse unique entre épargne et assurance.
En revanche, l’intégration de services pour aider les personnes en perte d’autonomie et les aidants familiaux dans les contrats autonomie est approuvée à plus de 84%. On peut y voir l’aspiration des Français à une nouvelle génération de contrats sur la perte d’autonomie.

Le baromètre a également interrogé les Français sur leur connaissance de la Silver économie.
Spontanément, 53% répondent ne pas la connaître. En revanche, une fois définie,
toutes les populations estiment, à plus de 80%, qu’elle jouera un rôle important dans l’avenir dans le quotidien des personnes en perte d’autonomie

Une loi jugée positivement, mais pas suffisante
Enfin, les Français jugent la loi autonomie assez positivement, et soulignent particulièrement l’intérêt de certaines mesures (à plus de 80%) : prévention, maintien à domicile grâce aux nouvelles technologies, renforcement de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) à domicile.
Les mesures en faveur des aidants sont également largement soutenues (prise en charge de l’aidé en cas d’hospitalisation de l’aidant – approuvée à 87,7% – ou en cas de répit de l’aidant, la formation des aidants).
La réforme du reste à charge des familles en cas d’entrée en établissement (EHPAD) est jugée  importante par 64,8% des personnes interrogées. Deuxième pilier de la loi autonomie, elle a pour l’instant été repoussée sine die par le gouvernement.

Selon le sondage, 80% des personnes interrogées souhaitent pourtant une réforme pérenne du financement de la perte d’autonomie avant 2017. S’ils approuvent le projet de loi, ils s’inquiètent du fait qu’il ne résout pas la question du financement, conclut l’OCIRP.

En savoir plus sur le Baromètre de l’OCIRP

Les Français pour un financement mixte de la perte d’autonomie