Pour le milliardaire Osman Kibar, un gène anti-vieillissement, agissant sur la régénérescence des cellules pourrait nous permettre de vivre plus longtemps en ignorant nombre d’inconvénients liés au vieillissement.

Certains entrepreneurs veulent envoyer des pionniers sur Mars, d’autres créer des cités-états au milieu de l’océan. Le rêve d’Osman Kibar, milliardaire d’origine turque, est encore plus ambitieux : atteindre l’immortalité. Ou presque. Depuis son fief de San Diego, où se trouvent les locaux de sa start-up de Biotechnologie, Samumed, Osman Kibar met au point un remède susceptible de stopper, et même de revenir sur certains effets du vieillissement. Un médicament actuellement en cours d’élaboration vise à redonner des cheveux aux hommes chauves, remède qui permettrait également de rendre aux cheveux gris leur couleur originelle, et en version cosmétique, de gommer les rides qui apparaissent avec l’âge. Osman Kibar veut également guérir certaines maladies qui se développent avec le temps, l’arthrose, en particulier, qui touche 27 millions d’Américains, dont 700 000 doivent chaque année se faire implanter des joints en métal au niveau des genoux pour compenser la disparition du cartilage osseux. Samumed planche sur une technique anti-vieillissement permettant de régénérer ce cartilage. A plus long terme, l’entreprise d’Osman Kibar ambitionne de reconstruire les disques vertébraux, guérir les cancers pulmonaires, Alzheimer et la cécité. Vaste programme.

 

Des investisseurs enthousiastes
Si les rêves du milliardaire peuvent sembler ambitieux, ils ont en tout cas attiré l’attention des investisseurs. La dernière levée de fonds de Samumed valorise la start-up à six milliards de dollars, et une nouvelle levée en cours semble en bonne voie pour porter celle-ci à douze milliards de dollars. Osman Kibar détenant un tiers des parts de l’entreprise, sa valeur nette personnelle passerait ainsi à quatre milliards. Pas mal pour une entreprise dont l’efficacité des produits n’est pas encore avérée, sans même parler de leur arrivée sur le marché ! Si les premiers tests en laboratoire pour le traitement de la calvitie et de l’arthrose, effectués sur des souris, se sont révélés plutôt concluants, comme le rapporte Forbes, l’efficacité sur les humains est loin d’être encore avérée. C’est donc le projet en lui-même qui a su convaincre les investisseurs. Osman Kibar développe des produits différents, mais tous reposent sur le même principe : faire en sorte que les cellules se régénèrent aussi vite que celles d’un foetus en phase de conception. Pour ce faire, le milliardaire turc s’appuie sur les recherches du co-fondateur de Samumed, John Hood. Ce dernier a inventé un remède contre le cancer qui valut à son entreprise précédente, Targegen, d’être rachetée par Sanofi pour 635 millions de dollars. Ses recherches s’appuient sur le gène Wnt, qui compte parmi les gènes contrôlant la croissance d’un foetus en développement. Osman Kibar et John Hood croient tous deux au potentiel de ce gène pour limiter les dommages du vieillissement.

 

Un marché dynamique
En attendant que l’avenir nous dise si le pari anti-vieillissement fait par Osman Kibar s’avère fructueux, notons que celui-ci est loin d’être le seul à courir après la pilule miracle susceptible de nous prémunir contre les effets pervers de l’âge. CyteGen, start-up financée par le Breakout labs de Peter Thiel, espère guérir les maladies neuro-dégénératives (Alzheimer, Parkinson et la sclérose en plaques, notamment) à l’aide de la cytogénétique, étude de la structure chromosomique des cellules individuelles. Des chercheurs de la Washington University, à Saint Louis, et de la Keryo University, au Japon, misent quant à eux sur le potentiel de la nicotinamide mononucléotide, une molécule que l’on trouve notamment dans le lait, pour réduire le vieillissement du corps. D’autres misent enfin sur les Ampakines pour limiter la réduction des connexions neuronales qui vient avec l’âge… Si l’immortalité n’est peut-être pas encore pour demain (le sujet fait débat), les projets visant à nous faire vivre plus longtemps et en bonne santé ne manquent pas.

 

Guillaume Renouard,
Analyste à L’Atelier BNP Paribas à San Francisco/ @atelier_us

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Le gène anti-vieillissement qui valait quatre milliards