Il y a 40 ans Marie-Joséphine devenait grand-mère. Marie-Joséphine, dite « Fine » pour les intimes, vient de fêter ses 89 ans. Elle en avait 48 la première fois qu’elle a eu une petite- fille. Avec ses joues flétries comme des petites pommes et sa blouse colorée quotidienne, cette mamie heureuse se raconte.

« Quand mon fils s’est marié, je savais que ma belle-fille était enceinte depuis peu. Devenir grand-mère à 48 ans a été un vrai bonheur pour moi car je n’avais connu aucune des miennes. Imaginez la grande joie ressentie ! Je me souviens d’une émotion très forte en découvrant ma première petite-fille. C’était en 1974. J’étais fière aussi, presque autant que pour mes deux enfants. Deux ans après, j’ai eu un petit-fils. Puis deux autres petites-filles sont arrivées.

J’ai plein de souvenirs de vacances avec eux. Je les emmenais en Bretagne avec moi quand ils étaient petits. Ils sont adultes maintenant. C’est une belle descendance. Je vis seule donc je suis très heureuse lorsque l’un deux m’appelle ou me rend visite. J’apprécie les moments ou l’un ou l’autre vient déjeuner avec moi. Je leur prépare un bon repas. Entrée, plat, dessert : ils doivent tout manger de toute façon ! C’est un vrai moment de partage. On est ensemble et j’essaie de leur faire plaisir. On boit du champagne aussi. On parle de tout : de leurs joies, de leurs peines, des soucis, de leurs problèmes. De leurs difficultés à élever leurs propres enfants maintenant qu’ils sont parents à leur tour.

Mais la roue tourne. En 1974 j’étais grand-mère. En 2001, je suis devenue arrière-grand-mère. Ce qui a changé ? J’ai vieilli ! J’ai cinq très beaux arrière-petits enfants, ils ont entre 7 et 13 ans. Je suis ravie de les voir grandir. Qu’ils soient en bonne santé est très important. Certains m’appellent « mémé » pour faire la distinction avec leur grand-mère. J’aime bien ce rôle différent du travail des parents. On n’est pas là au quotidien pour éduquer ou gronder mais pour gâter. Ils m’ont appris des choses. J’apporte mon savoir, eux me donnent des éléments de notre époque : je ne connais rien au téléphone portable par exemple !

Vous savez tout faire vous les jeunes. Sauf que ma jeunesse n’est en rien comparable avec la vôtre et tant mieux ! La vie est si turbulente aujourd’hui… Nous nous contentions de peu de choses… Vous, vous voulez tout et tout de suite. Ce que je souhaite ? Qu’ils soient tous bien installés dans leur vie et qu’ils restent droits. « J’espère en profiter encore un peu… »

Marina Lemaire

A lire et à offrir, le livre très tendre du comédien Philippe Torreton sur sa « mémé » justement.
« Mémé » est paru il y a un an, éd. L’Iconoclaste.

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