Elodie Grivel est chargée de mission « stratégie et partenariats » au siège de l’association Wimoov, qui a vocation à accompagner la mobilité des publics fragiles. Elle travaille sur les partenariats nationaux et les projets innovants mis en place sur différents sites en France. Elle fait partie des « anciens » de l’association, dans laquelle elle est entrée en 2008, avant de devenir salariée. Elle a commencé par le terrain, comme conseillère mobilité à Marseille, puis rejoint la communication avant de coordonner des projets nationaux. Alors que Wimoov a d’abord surtout travaillé auprès des jeunes, l’association s’intéresse de plus en plus aux seniors et au vieillissement inclusif. Lors des ateliers de notre « JAM »¹, elle a aura à cœur de rencontrer ces personnes qu’elle veut accompagner, et d’apporter son expertise de la mobilité.

 

Génération Care : Qu’est-ce qui a motivé Wimoov à participer à notre événement ?

Elodie Grivel : Wimoov accompagne sur ses plateformes de mobilité (22 en France), les jeunes notamment sur les questions de sécurité routière, et les personnes en insertion professionnelle (de tous âges) en agissant sur leur problématique de mobilité.

Nous avons vocation à accompagner tous les publics fragiles, c’est pourquoi nous élargissons nos actions aujourd’hui vers les seniors, demain peut-être vers les personnes handicapées. Dans le contexte actuel de vieillissement de la population nous nous sommes rendu compte de l’importance de l’enjeu. Wimoov fait partie du laboratoire de la mobilité inclusive qui travaille aussi sur les questions de mobilité des seniors, et qui a publié une étude sur le sujet l’an dernier. Par ailleurs, nous avons lancé notre première expérimentation auprès des seniors sur le territoire de Bordeaux. Du coup, c’est important pour nous de rencontrer les autres acteurs qui travaillent dans le champ des seniors, de la Silver Economie notamment. La mobilité est un enjeu primordial dans la lutte contre l’isolement et pour le bien vieillir. Nous espérons créer des passerelles entre la mobilité et les autres champs d’action, les autres composantes de la vie des seniors, comme l’habitat, la santé, la vie sociale, dont les acteurs seront présents pendant les deux jours de l’événement. Nous allons pouvoir sortir de notre champ d’expertise pour rencontrer les autres, et réciproquement.

 

G. C. : Que pensez-vous de la cible des baby-boomers ?

E. G. : C’est un public qui est nouveau pour nous, nous avons besoin d’apprendre à le connaître. Depuis un an déjà nous ciblons leurs attentes, leurs besoins, les freins qu’ils rencontrent. C’est donc très intéressant d’être confrontés directement, au quotidien, avec les personnes concernées. Nous avons lancé notre expérimentation à Bordeaux en septembre et nous nous rendons compte qu’il faut être en perpétuel réajustement : nous étions partis sur un cahier des charges, qu’on ajuste toutes les semaines. Entre ce que l’on avait imaginé et la réalité du terrain il y a des différences, or notre but est que le dispositif soit efficace et qu’il serve aux gens.

 

G. C. : Que vous évoque le mot d’ordre de notre événement : « dans un monde qui change, vieillir est un futur à inventer » ?

E. G. : Nous le disons régulièrement à Wimoov : c’est dans notre ADN de vouloir co-construire, mais aussi d’innover sans cesse. L’innovation nous permettra d’aller plus loin, de sortir de notre cadre et de toujours mieux répondre aux attentes. Nous avons constaté dans les études que nous avons réalisées que la retraite et la manière dont on vieillit évoluent et continueront d’évoluer. Il est essentiel d’accompagner les seniors dans cette évolution et dans ce vieillissement inclusif. Le vieillissement actif est un véritable facteur d’inclusion. Or, on se rend compte que dans la mobilité, les choses changent très vite, que la technologie évolue rapidement et que les comportements en termes de mobilité et de déplacement, doivent évoluer vers des conduites plus responsables, plus solidaires, et évidemment plus respectueuses de l’environnement. Pour que ces changements puissent se faire dans de bonnes conditions, nous devons partir du principe qu’on doit les accompagner et que c’est en innovant qu’on pourra le faire.

 

Propos recueillis par Sandrine Goldschmidt

 

¹ Le JAM chez BNP Paribas Cardif est un événement inédit d’Open Innovation pour aider l’entreprise à imaginer et concevoir des concepts/offres : en temps contraint, 2 jours seulement, avec une méthodologie différente et différenciante : le design thinking et des équipes pluridisciplinaires pour croiser les regards et les savoirs-faire.

E.Grivel : « le vieillissement actif, facteur d’inclusion »