Corine Le Roux travaille depuis le début de sa carrière dans le domaine de la santé. Un premier parcours dans la communication vers les professionnels de santé : organisatrice de congrès médicaux pendant 10 ans, puis une expérience en agence de communication, presse et édition médicale. Elle s’est ensuite intéressée à la communication santé à destination du grand public, en particulier avec l’émergence du « patient actif », acteur de sa santé, avant de créer sa propre entreprise, Ker’Anatomy en septembre de cette année. Elle vise à développer pour ses clients le marché santé & bien-être et leur communication dans ce domaine. Lors de notre « JAM »¹, elle attend beaucoup de l’immersion dans la transversalité des problématiques qui se posent face au vieillissement de la population.

 

Génération Care : Qu’est-ce qui vous a donné envie de participer à notre événement ?

Corine Le Roux : Je travaille au plus près des besoins des patients et des personnes qui s’intéressent à leur santé, notamment avec Vivio, éditeur médical belge, spécialisé dans l’information santé vers le patient depuis 20 ans.

En tant que nouvelle entrepreneuse, il est très intéressant d’être en prise directe avec le public, d’abord pour le côté humain. Nous réfléchissons beaucoup entre professionnels mais nous sommes rarement immergés de cette façon. Il est clair aussi que pour une entreprise, les baby-boomers représentent un marché potentiel intéressant, particulièrement dans le domaine de la santé et du bien-être. C’est souvent à partir de 40 ans que l’on commence à s’occuper un peu plus de soi, en prévention ou pour faire face à des problèmes de santé. Les baby-boomers représentent aussi une cible intéressante parce qu’elle a un pouvoir d’achat et qu’elle est en attente d’informations et de nouvelles solutions.

Ils sont une génération charnière. Avec eux, il faut réinventer.

Enfin, ce qui m’intéresse, c’est le fait de travailler de façon transversale : il n’y aura pas que la santé et le bien-être, mais toutes les thématiques qui intéressent les baby-boomers qui seront abordées dans ces deux journées. Certaines connections peuvent ainsi être développées, notamment autour de la santé et de l’habitat.

 

G. C. : Que vous inspire notre mot d’ordre : « dans un monde qui change, vieillir est un futur à inventer »

C. L. R. : J’aime beaucoup cette idée d’associer vieillir et futur. Parce que, habituellement, le terme vieillir s’apparente à la fin de la vie… c’est presque antinomique. Mettre côte à côte futur et vieillir est réellement novateur. La notion de vieillir est très difficile à appréhender, je ne suis pas sûre qu’un baby-boomer qui a 50 ans aujourd’hui se reconnaisse dans la notion de « senior ». Vieux, troisième âge, quatrième âge, c’est vraiment une terminologie qui perd du sens. Très clairement, il nous faut inventer de nouveaux vocabulaires. Dans la vie, il y a aujourd’hui plusieurs étapes, mais pas forcément « la vie devant soi » quand on est jeune, la « vie derrière » quand on est vieux. Vieillir est aujourd’hui une notion très différente de ce que c’était à l’époque de nos grands-parents où les rôles des jeunes et des vieux étaient déjà écrits. C’est cette génération qui accède à la vieillesse aujourd’hui, qui va réinventer les choses, car ce sont les premiers vieux qui sont jeunes !

 

Propos recueillis par Sandrine Goldschmidt

 

¹ Le JAM chez BNP Paribas Cardif est un événement inédit d’Open Innovation pour aider l’entreprise à imaginer et concevoir des concepts/offres : en temps contraint, 2 jours seulement, avec une méthodologie différente et différenciante : le design thinking et des équipes pluridisciplinaires pour croiser les regards et les savoirs-faire.

C. Le Roux : « Associer futur et vieillir, c’est nouveau »