Anne Jouhet travaille pour la Compagnie des aidants, un réseau d’entraide et d’échange entre aidants où elle est chargée du développement depuis 18 mois. Auparavant, elle a travaillé dans la e-santé, pour le site « Bepatient ». Lors de notre événement du 5 et 6 novembre, elle participera aux ateliers en open-innovation, et aura à cœur d’être à l’écoute des baby-boomers, et de sensibiliser au fait que pour elle, c’est la société qui doit s’adapter à la nouvelle donne démographique, et non l’inverse.

 

Génération Care : Qu’est-ce qui vous a motivée à participer à ce « JAM »¹ ?

Anne Jouhet : Ce qui nous a motivés en cette occasion, c’est ce qui nous motive toujours à La Compagnie des aidants : participer, avec tous les acteurs de la dépendance, à un monde de demain qui favorisera et facilitera le quotidien de l’aidant mais aussi celui de l’aidé. Il faut toujours rappeler que plus de 4 millions de personnes aident un proche âgé, que 69 % sont des femmes, que la moitié travaille, et qu’il y a une distance moyenne, entre l’aidant et l’aidé lorsque ce n’est pas le conjoint, de 226 km. Cela implique que le maintien à domicile soit de qualité, mais aussi que tout l’environnement soit adapté à ces nouvelles situations. Car l’aidant, qui est un véritable chef d’orchestre, a besoin d’avoir toutes les solutions en main, d’avoir des facilités, de bonnes technologies, utiles, pas des choses non adaptées aux personnes qui vont les utiliser et qui seraient une usine à gaz à installer.

Avoir des baby-boomers dans le JAM¹ va permettre d’être dans la « real life », la vraie vie. C’est ce que nous vivons en permanence avec nos adhérents. Ce sont des vraies personnes confrontées à des vrais problèmes : c’est toujours intéressant d’avoir des cohortes de gens concernés.
Mes attentes sont d’abord de pouvoir participer aux réflexions sur le bien vieillir de demain et de pouvoir tester des solutions, et puis de rencontrer à la fois d’autres partenaires, d’échanger et de voir les tendances. Nous sommes une petite partie de ce grand écosystème et c’est toujours intéressant d’avoir une vue d’ensemble.

 

G.C. : Que vous inspire le mot d’ordre « Dans un monde qui change, vieillir est un futur à inventer » ?

A. J. : Oui, inventer. Mais ce n’est pas que le vieillir qu’il faut réinventer. C’est la société qui est à réinventer autour du vieillir demain. Le vieillir demain ne concerne pas seulement le grand âge, mais il concerne la population en général, l’intergénérationnel, le lien social. Il faut penser la globalité de la société. A la Compagnie des aidants on insiste sur les parcours de vie des personnes. C’est un parcours de vie de vieillir, cela se prépare, cela se prévoit, mais cela s’englobe dans un tout. C’est l’adaptation de la société toute entière qui doit avoir lieu, ce ne sont pas les personnes vieillissantes qui doivent s’adapter, il faut renverser les choses. Par ailleurs, s’il est très important d’avoir l’avis des personnes concernées, c’est important aussi de prendre en compte toutes les générations qui les précèdent et leur succèdent, qui vont aussi apporter quelque chose au vieillir de demain.

 

Propos recueillis par Sandrine Goldschmidt

 

¹ Le JAM chez BNP Paribas Cardif est un événement inédit d’Open Innovation pour aider l’entreprise à imaginer et concevoir des concepts / offres : en temps contraint, 2 jours seulement, avec une méthodologie différente et différenciante : le « design thinking » et des équipes pluridisciplinaires pour croiser les regards et les savoirs-faire.

A. Jouhet : « Ré-inventer la société toute entière »